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Le regard de Dieu

Un jour j’ai rêvé que tout était juste et joyeux aux yeux de Dieu. Je voyais défiler des événements a priori tristes et je ressentais sérénité et bonheur. A un moment de la nuit, je suis sortie du sommeil, me suis levée, ai vaqué à des occupations,  me suis recouchée tout en continuant à voir défiler des scènes et à ressentir la même joie. Quelques heures plus tard, lorsque je me suis tout à fait réveillée, que j’ai « reconnecté » avec mon cerveau gauche, je me suis dit que tout cela était stupide.

Comment regarder les guerres, les famines, les souffrances des uns et des autres en souriant ! C’était de l’inconscience pure et simple ! Un délire ! Cependant, ce rêve, qui ressemblait fort à une transe chamanique, m’avait profondément marqué et je ne pouvais ni l’oublier ni  l’ignorer. Je ressentais le besoin impératif de le comprendre et de l’assimiler. Cela s’est fait petit à petit. Voici ce que j’en ai tiré (et cela n’engage que moi) :
J’ai, dans un premier temps, pensé que pour Dieu qui avait l’éternité devant lui (ce qui n’est pas négligeable !) nous étions comme de petits enfants qui apprenions à marcher. Nous avons peur, faisons un pas en avant, trébuchons, tombons, nous mettons en colère ou pleurons. Quelquefois nous refusons même de nous relever mais, nécessité oblige, finissons toujours par le faire. Nous commettons parfois les mêmes erreurs d’où une chute au même endroit. Parfois aussi, nous essayons de tricher (ça fait partie du jeu !) et de marcher à quatre pattes parce que c’est plus facile. Nous avons alors recours à la drogue, au tabac, à l’alcool, à une demande de prise en charge immodérée… La vie nous laisse faire mais si nous restons trop longtemps dans nos erreurs, elle nous donne la fessée. Et nous râlons, boudons, tempêtons !!! Mais une chose est certaine : nous finirons par trouver cet équilibre qui nous permettra de marcher seul. Si ce n’est pas dans cette vie ce sera dans une autre pour ceux qui croient à la réincarnation. Pour les autres, si ce n’est pas nous qui trouvons cet équilibre, nos descendants y arriveront. Dieu est patient parce qu’il sait que nous y arriverons.
Certaines personnes me rétorquent que l’humanité ne progresse guère. Ce sont d’ailleurs celles qui pensent que l’on ne peut pas changer. Je ne suis pas d’accord. Personne ne peut prétendre être le même à l’âge adulte qu’enfant, ni le même à l’âge de la retraite qu’à vingt ans. La vie nous pousse tous à changer consciemment ou inconsciemment. De même, notre société actuelle n’est pas la même que celle du Moyen-Age. Bien sûr, tout irait plus vite si chacun décidait consciemment d’évoluer. S’il reste beaucoup de progrès à faire pour établir une société saine, équilibrée et heureuse partout dans le monde, nous ne pouvons pas nier que beaucoup d’hommes s’y appliquent et ce depuis toujours.

Ce rêve avait aussi pour objectif de me pousser à cesser de m’identifier à la souffrance du monde. En effet, lorsque l’on s’afflige sur tout ce qui arrive de négatif, on s’enfonce peu à peu dans le marasme ou la révolte et ne peut plus agir positivement. Le thérapeute que j’ai consulté au début de mon parcours me disait toujours : « touché mais pas concerné » et il avait raison. Il ne s’agit pas de fermer les yeux et de jouer à l’autruche, mais de prendre suffisamment de recul pour ne pas être pris par ses émotions qui peuvent être mauvaises conseillères ou nous freiner. Il s’agit aussi de pouvoir élever nos vibrations de sorte à influencer positivement sur le monde. La peur, la colère génèrent de la peur et de la colère. La sérénité génère de la sérénité (même si dans un premier temps elle peut faire remonter tout ce qui s’oppose à elle). 
Pour moi, prendre du recul et accepter ne signifie pas adopter une attitude naïve ou laxiste. Un parent juste sait dire non à ses enfants, les punir lorsque c’est nécessaire. Mais il le fait pour leur bien et non pour décharger sa colère ou par peur.

Etre dans l’amour, c’est savoir prendre du recul vis à vis de ses émotions, faire confiance à la capacité de l’autre à changer mais aussi savoir dire non avec fermeté à ce qui n’est pas juste. C’est aussi savoir lâcher prise lorsqu’une parole n’est pas entendue en sachant que le bien finira par triompher.