Etonnée, je m’en suis ouverte à Patrick qui m’a alors expliqué que Halk avait été un guérisseur dont la spécialité était les os et les muscles. Il n’était pas surpris que je doive revenir dans ce lieu puisque j’avais moi-même, bien que ça ne soit pas vraiment de mon âge, des problèmes d’arthrose. Il m’a proposé de faire une quête de vision dans la grotte lors du prochain stage. J’ai accepté avec enthousiasme, invitant tout le monde à y participer (précédemment nous avions fait une quête de vision durant laquelle ils nous avaient tous dispersés dans la forêt). Patrick m’a alors demandé si j’avais peur de la faire seule. A priori, je ne le pensais pas puisque mes seules réactions durant la quête précédente avaient été de râler intérieurement quant à l’inconfort du lieu, au froid et à la nuit blanche forcée ! Mais cette question m’a turlupinée pendant le mois qui a suivi. Tant et si bien que, lors de la formation suivante, j’ai demandé au chaman s’il était toujours d’accord pour que je fasse ma quête de vision seule et dans la grotte de Halk.
- « Tu veux vraiment faire ça ? Tu en es sûre ? Ok, prépares-toi, je t’emmène. Mais attends-toi à vivre une initiation. »
J’ai saisi mon sac de couchage, ma lampe torche et nous voilà partis. Patrick m’a aidée à grimper dans la grotte (je ne pouvais y accéder seule, j’ai dû prendre appui sur ses mains, ses épaules puis sa tête pour grimper), m’a demandé de penser à envoyer l’énergie de Halk aux personnes qui en avaient besoin et est reparti en me disant de ne pas avoir peur, qu’il me surveillerait à distance toute la nuit et que je ne risquais rien.
- « Peur ? Moi ? Qu’est-ce qu’il va imaginer ! Je suis consciente d’avoir beaucoup de peurs mais pas celle-ci. Je suis parfaitement calme et sûre de moi. »
Mon inconscience m’a été maints fois utile ! Sans elle, je serai passée à côtés de nombreuses expériences utiles. Elle a compensé mes peurs.
Je me suis donc assise confortablement et me suis préparée à passer une calme nuit de méditation, abreuvée par les énergies de Halk.
Première chose à faire, partager et envoyer l’énergie aux petits copains.
A peine cinq minutes de soin s’étaient écoulées lorsque je me suis sentie submergée par une colère irrépressible contre Dieu. Comment pouvait-il tolérer la maladie sur terre ? J’avais beau me raisonner, penser aux leçons spirituelles que l’on pouvait tirer de toute situation, j’enrageais. Puis soudain, la colère est partie comme elle était venue. J’ai alors eu la sensation d’une expansion, comme si je m’apprêtais à léviter, et un grand bruit, semblable à un coup de tonnerre, est parvenu à mes oreilles. Cela m’a fait sursauter et je suis retombée dans mon état « normal ». Lorsque je m’en suis ouverte plus tard, Patrick m’a expliqué que j’avais franchi le mur du son mais que ma peur m’avait empêchée d’aller plus loin. C’est possible. Je ne l’affirmerai pas car j’avoue ignorer l’origine de ce son.
En attendant, difficile de se concentrer de nouveau. J’avais beau respirer, essayer de fixer la branche de l’arbre que j’apercevais devant moi, rien. Puis j’ai entendu des bruits de pas sur ma gauche et la panique m’a gagnée. Et si un homme arrivait et voulait me violer. Je n’avais aucun moyen de m’échapper. Je n’avais jamais eu conscience auparavant de cette peur. Mais elle était là et bien là ! Je me suis mise à prier pour recevoir de l’aide et petit à petit mon calme est revenu…. Jusqu’à ce que je perçoive une présence sur ma gauche. J’ai tourné la tête et vu un œil d’un bleu perçant. En même temps le terme « Déva » s’imposait à moi. Qu’est-ce que c’était que ça encore ! Je n’avais pourtant rien bu avant de venir !!!! La peur m’a, à nouveau, saisie. Elle partageait la partie avec ma curiosité et mon incrédulité. Très vite, j’ai aperçu plus loin des formes lumineuses, ressemblant à des hommes miniatures travaillant la terre. Mais qu’est-ce que c’était ? A partir de ce moment-là, j’ai passé la nuit à vouloir regarder et à détourner la tête par peur. Pour quelqu’un qui pensait être tout à fait au clair avec l’obscurité, bravo! Il y avait encore du travail !
Le lendemain, Patrick m’a dit que ces petits êtres étaient les esprits de la terre et qu’ils m’auraient sans doute approchée si je n’avais pas eu peur.
« Pourquoi faire cette expérience ? » se demanderont certains. Tout simplement parce que cela permet non seulement de mettre en lumière des schémas dont on n’aurait pas forcément conscience autrement mais aussi parce que cela aide à les dépasser. Se confronter à ses peurs, colères… en milieu protégé permet aussi d’éviter d’y être confronté dans notre quotidien ou au moins de ne plus y donner prise quand elles nous tombent dessus. L’énergie fait à la fois office de révélateur et de nettoyeur. A condition bien entendu que l’on soit décidé à changer. Encore une fois, rien ne peut-être fait de manière valable sans notre accord. C’est pourquoi il est inutile de faire ce genre d’exercice à contre-cœur : ça n’apporte rien.
Quant à l’existence des Dévas et des Esprits de la terre, je me demande encore si elle est réelle ou bien le fruit de notre imagination. Dans ce dernier cas, cela prouverait la puissance créatrice de nos pensées. |