source d'évolution
 

préceptes

Il y a au moins cinq préceptes dont on ne peut faire l’économie dans un travail spirituel :

Le travail psychologique
L’acceptation
Le lâcher prise
La persévérance
La prise en compte du vécu émotionnel

  isis

 

Le travail psychologique
Il m’apparaît dangereux de s’investir dans la spiritualité sans faire un travail psychologique (celui-ci peut-être fait au préalable ou parallèlement). En effet, être spirituel ne veut pas dire fuir ses problèmes mais au contraire accepter de les regarder sous un autre angle. Au début de mon parcours, j’ai eu l’occasion de rencontrer une médium qui m’a tenu les propos suivants : « Vous, vous êtes comme moi : vous avez des dons. C’est à la fois une bénédiction et une calamité car tous les gens comme ça ont des vies épouvantables ! ». Ceci est totalement faux ! Si j’ai en effet rencontré certains médiums dont les vies semblaient très difficiles, ces derniers avaient tous en commun une chose : le refus de se remettre en cause et de faire un travail pour guérir leurs blessures. Or, plus nous « montons en énergie », plus nous pouvons certes, aider les autres mais plus nous sommes aussi créateur de notre réalité et…, à moindre échelle, de celle des gens qui nous côtoient. Si nous n’avons pas guéris nos blessures, nous créons sans cesse les situations qui nous mettent face à nos souffrances. De plus, notre vision du monde, et donc notre médiumnité, est entachée par celles-ci.

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L’acceptation
Il s’agit là d’une notion fondamentale pour celui qui souhaite se transformer en profondeur. C’est à la fois le BAba de la spiritualité et sa finalité. Tant que nous n’acceptons pas une chose, nous la fuyons ou lui faisons la guerre. Or tout ce que nous fuyons nous rattrape et la guerre engendre toujours, à plus ou moins long terme, la guerre.

En tant que révoltée, j’ai mis très longtemps à comprendre les bienfaits de l’acceptation. C’est une expérience de vie peu agréable - comme bien souvent malheureusement* - qui m’a permis de prendre conscience de son importance. Je vous la livre car elle me semble plus explicite qu’un long discours :

Je dois vivre avec un tremblement inexpliqué depuis l’âge de trois ans. Il a énormément diminué depuis que j’ai entrepris un travail sur moi, mais, il m’a valu bien des misères car, je l’ai appris récemment, il effrayait les gens. Bien entendu, cela m’avait traumatisée et je faisais tout pour guérir et cacher cette difficulté. Mais, en m’efforçant de la cacher, je la renforçais.
Un jour, j’ai été contactée pour un travail qui correspondait exactement à tout ce dont je rêvais. Je me sentais véritablement compétente pour cet emploi. Les épreuves de sélection écrites étant des QCM, personne ne se doutait de mes problèmes. Afin d’être calme et « normale » lors de l’entretien, j’ai fait beaucoup d’exercices de relaxation juste avant mon « entrée en scène ». Mais, ce qui devait arriver arriva : sous le coup de l’émotion, je me suis mise à trembler plus que de coutume sitôt devant l’employeur. Bien entendu, j’ai eu droit, à peine arrivée, à un « je suis désolé mais je ne peux me permettre d’embaucher une personne handicapée pour cet emploi. » Je suis ressortie en colère et surtout très triste, découragée. Encore une fois, les portes se fermaient à cause de mon problème physique ! Cependant, ces émotions passées, je me suis enfin posée la bonne question : « Et si je ne pouvais pas guérir ? Personne ne sait vraiment ce que j’ai ! Si je tremblais toute ma vie ? Que deviendrai-je ? » Et là, j’ai compris que je devais accepter.
Le week-end suivant, au cours d’un stage, j’ai posé d’entrée que je voulais travailler sur l’acceptation de mon handicap. Et le « miracle » arriva : jusqu’alors, j’avais eu à faire face à toutes sortes de remarques et de rejets mais, de ce jour, j’ai été acceptée telle quelle et plus personne ne m’a fuie. Mieux : lorsque je me suis de nouveau présentée pour un emploi, on m’a dit que mon tremblement était minime, qu’il ne se voyait quasiment pas ! Et j’ai eu l’emploi.
Cela m’a beaucoup fait réfléchir sur le handicap et j’ai compris que, à un certain niveau, nous étions tous plus ou moins handicapés par quelque chose (problème physique ou psychologique). En fait, ce n’est pas tant le handicap qui dérange que la peur que génère la différence. Or, encore une fois, nos différences sont nos plus grandes richesses. Si je n’avais pas tremblé, je n’aurai sans doute pas pu comprendre ce qu’est l’amour véritable. Les tremblements étaient là pour me pousser à partir à la recherche de moi-même et de ma liberté intérieure. Gandhi disait que sa timidité l’avait obligé à s’exprimer en phrases courtes et percutantes. Il pensait que c’était ce qui avait fait sa force.
J’ai aussi constaté que l’acceptation dissolvait l’effet négatif d’une problématique puisque celle-ci perdait sa « qualité » de problème. Dès lors, la transformation peut s’opérer en douceur et sans effort. Ainsi, depuis que j’accepte de trembler… je tremble nettement moins !

Dans notre société il y a encore beaucoup à faire quant à l’acceptation des différences. Nous avons tendance à toujours nous référer à la norme sans prendre conscience que nous avons tous un chemin particulier à accomplir.
J’ai dit plus haut que l’acceptation était la finalité de la spiritualité. En effet, elle seule, avec le lâcher-prise, peut nous conduire à l’amour et à la paix. Arriver à tout accepter est un merveilleux défi à relever. Mais attention de ne pas tomber dans le laxisme ou l’impuissance : accepter ne signifie pas laisser faire. Il y a des choses qui doivent être transformées. Les accepter en premier lieu permet de ne pas se laisser emporter par l’émotion ou la violence. Mais ensuite, il convient d’agir et de transmuter. Au risque de paraître paradoxale, je dirais qu’à certains moments, il faut accepter de ne pas accepter !

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Le lâcher prise
Au cours d’un week-end un ami m’a proposé de m’apprendre à tirer à l’arc. Curieuse de nature, j’ai accepté avec enthousiasme. Ses premies propos ont été les suivants :
« Une fois que tu as regardé la cible, tu dois concentrer tout ton esprit sur les mouvements à accomplir pour tirer la flèche. Ne te préoccupes plus de ton objectif, ton cerveau l’a enregistré. Il sait ! »
Mes premiers tirs sont partis un peu dans tous les sens, mais petit à petit, j’ai obtenu de meilleurs résultats car mes gestes se faisaient de plus en plus précis. Lorsque je me suis apprêtée à tirer la dernière flèche, intérieurement j’ai décidé que j’atteindrai le centre de la cible. Puis je me suis concentrée sur le mouvement…. Et j’ai atteint mon objectif. Cela a été pour moi une grande leçon spirituelle. En effet, lorsque nous désirons quelque chose nous avons souvent tendance à ne penser qu’au but et à ne pas voir tous les petits progrès par lesquels nous passons avant d’y arriver. Nous avons même tendance à nous saboter inconsciemment tant notre tension est grande, alors qu’il suffirait de lâcher prise, pour que les choses se fassent facilement.

boudha   Autre exemple : au cours d’une formation de chaman, il nous a été demandé de trouver un long bâton droit issu d’un aulne. Celui-ci devait nous servir à effectuer un soin de ré-harmonisation d’origine celtique.
Un dimanche matin, une amie m’a téléphoné et m’a proposé de me joindre à elle et à d’autres pour partir à la recherche de notre bâton. J’avais prévu de passer la journée avec un ami, mais, celui-ci étant tenté par la balade, nous nous sommes tous rendus dans un parc superbe. A peine arrivée, l'une d’entre nous a été attirée par un bâton, posé là comme en attente de sa venue. Elle s’en est emparée après nous avoir demandé si nous étions d’accord pour le lui laisser. Nous marchions depuis une vingtaine de minutes lorsque j’ai moi-même été attirée sur la droite où se trouvaient emmêlés plusieurs tronçons de bois, dont un, tout droit. Une amie se précipite alors en s’exclamant : « Qu’il est beau celui-là ! Je le veux ! » Pour ma part, je n’avais pas envie de me battre pour un bâton et la perspective de scier les différents bois pour dégager l’élu, ne m’enchantait guère. Je voulais obtenir les choses facilement. Je me suis donc éloignée sans regret. C’est cet instant qu’a saisit une autre amie pour me dire qu’elle sentait que je ne trouverai pas mon bâton ce jour-là. La révolte a alors grondé en moi. Mes frustrations remontaient et la sensation (que je connaissais
malheureusement bien) d’être « laissée pour compte » s’est emparée de mon être. Mon côté « guerrier » s’est réveillé, me poussant à décider de trouver un bâton coûte que coûte ! Je me suis donc mise à explorer avec attention (du moins me semblait-il) les environs. En vain. Aucun tronçon répondant à mes attentes en vu. Voyant ma tristesse, une amie m’a amenée à un endroit où elle avait repéré un morceau d’aulne. Le bâton était difficilement atteignable, il fallait une scie pour le dégager, mais, refusant de rentrer bredouille, je me suis mise à la tâche avec ardeur. Mon amie m’a gentiment proposé de m’aider, mais, fierté oblige, je refusais : ce bâton serait à moi et je l’aurai à la sueur de mon front ! Oubliée mon envie d’obtenir les choses facilement ! En équilibre instable, j’ai failli tomber à plusieurs reprises. Mon pantalon est passé de la couleur blanche au noir verdâtre. Mes mains se sont couvertes d’ampoules (je ne bricole jamais !). Mais, j’ai finalement brandi mon trophée victorieusement. Faisant cela, j’ai aperçu, juste devant mes yeux, me narguant… un bâton droit en aulne posé au pied d’un arbre! J’ai dû faire une drôle de tête car mes amis ont éclaté de rire en me voyant.
Je suis rentrée à Paris avec deux bâtons mais aussi avec, au fond de moi, une sourde insatisfaction. Je ne me sentais pas vraiment en harmonie avec mes « trouvailles ».
Quinze jours plus tard, la compagne du chaman qui était devenue une amie, m’a appelée pour me demander si j’accepterai de garder ses enfants le week-end suivant. Elle souhaitait passer deux jours en amoureux avec l’élu de son cœur. Patrick, le chaman, venait sur Paris le vendredi et pourrait donc m’amener jusqu’à chez eux. Ravie à la perspective de revoir les enfants que j’adorai je me suis empressée d’accepter. A notre arrivée, Patrick m’a conduite vers sa salle de travail afin de me montrer des bâtons qui lui plaisaient particulièrement. Ils étaient superbes, en aulne torsadé, et je les ai regardés avec envie. Environ une heure plus tard, le voisin responsable de ces découvertes est passé dire bonjour. Bien entendu, Patrick s’est empressé de lui dire combien j’avais admiré ce qu’il avait apporté. « Vous en voulez vous aussi ? Aucun problème. Je repasse tout à l’heure pour vous en rapporter !» Et c’est ainsi que j’ai obtenu mon « bâton de pouvoir », lequel trône encore dans ma salle de soin alors que, suite à de multiples évolutions, je me suis débarrassée de tout ce que j’avais amassé à cette période.
Ce bâton est devenu pour moi le symbole du lâcher-prise. Il m’a permit de comprendre que lorsque quelque chose est juste, il n’est pas nécessaire de se battre pour l’obtenir. Lorsque des obstacles se présentent sur notre route, ils sont là pour nous indiquer que quelque chose n’est pas juste. Il est important alors de s’arrêter pour vérifier ce qui ne va pas. Sinon, nous générons de la souffrance inutile. Ne pas lâcher prise peut même nous empêcher d’obtenir ce que, légitimement, nous souhaitons. Il n’est pas question ici de ne rien faire (« aides-toi et le ciel t’aidera » dit l’adage) mais de poser les gestes qui nous semblent utiles et de faire confiance à la vie pour nous apporter ce que nous souhaitons au moment juste.

Je compléterai ce chapitre en citant Gandhi :
« Ne te préoccupe que de l’acte, jamais de ses fruits ». Il est beaucoup plus facile de lâcher prise lorsqu’on est détaché du résultat. Et celui-ci arrive alors de lui-même.

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La persévérance
Il me semble primordial d’insister sur cette notion de persévérance car nous vivons dans une société où la vitesse est de mise. Pris dans cet engrenage nous voulons tout obtenir tout de suite et nous avons tendance à nous décourager vite lorsque nous n’obtenons pas ce que nous demandons. Or, comme disait La Fontaine, « tout vient à point à qui sait attendre ».
Encore une fois, je préfère vous relater ici une expérience plutôt que de vous faire un grand discours.
Il y a quelques années, j’ai fait la connaissance d’une personne avec laquelle j’ai senti une grande reliance énergétique. Dès que nous faisions des soins ensemble, notre puissance semblait décuplée. Nous entendant bien amicalement parlant, nous avons décidé d’animer des stages à deux. Très vite, de grandes insatisfactions se sont manifestées de part et d’autre, et maintes et maintes fois j’ai été tentée de tout laisser tomber. Certes, les participants étaient contents, trouvant que nous nous complétions bien, mais nous avions toutes deux la sensation de ne pas pouvoir donner pleinement ce que nous avions à apporter, d’être restreinte par l’autre. Une sorte de petite guerre de pouvoir s’était engagée imperceptiblement. Nous avions beau faire des efforts, passer de longs moments à discuter afin de « poser cartes sur table », travailler sur nous pour nous améliorer, les conflits s’enchaînaient. Tant et si bien que durant quelques mois nous ne sommes plus rencontrées. Cependant, après ce temps d’arrêt, le désir d’essayer une nouvelle fois d’animer un stage ensemble est revenu. Nous avons posé des dates. Le stage s’est déroulé comme dans un rêve, l’harmonie était là et tout allait de soi.

Persévérer ne signifie pas rentrer dans la lutte, ne pas lâcher prise, continuer coûte que coûte sans forcément se remettre en cause. Non. Persévérer signifie examiner nos motivations véritables, la ou les causes de nos échecs, accepter de changer petit à petit ce qui s’impose et, dès que nous le sentons, recommencer jusqu’à obtention du résultat souhaité.
En ce qui concerne les motivations, si celles-ci sont avant tout égotiques (du style : pour faire comme les autres, pour prouver que je peux le faire…), il y a peu de chance qu’elles nous conduisent à la réussite et au bonheur. En revanche, quelquefois, nous ne savons pas pourquoi nous faisons les choses, mais une sorte de force intérieure (je ne parle pas ici, bien entendu, d’une force « névrotique »), d’intuition, nous pousse à les faire. Il y a alors de fortes chances pour que nous soyons sur la bonne voie.
  pillier

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S’autoriser à vivre ses émotions
Tout ce que nous retenons s’inscrit profondément dans nos cellules. C’est pourquoi, pour notre santé physique ou psychique, il est nécessaire de s’autoriser à vivre ses émotions. Cependant les imposer à autrui n’est pas forcément une bonne chose puisque cela nous amène souvent à vivre des conflits intérieurs (style culpabilités) ou extérieurs (reproches de ou des victimes). Il est donc préférable, autant que faire ce peut, de vivre ses émotions en milieu protégé (soit en thérapie, soit par le biais du théâtre, de la musique, de l’écriture…).
Je profite de ce chapitre pour signaler que nos émotions jouent un grand rôle dans nos perceptions. I
l est donc préférable d’être prudent vis à vis de celles-ci et, encore une fois, d’être conscient que tout est illusion.

*Je tiens ici à préciser que si quelquefois la souffrance s’avère nécessaire, nous ne sommes pas obligé de passer par elle pour évoluer. C’est donc une expérience.