nous expérimentons véritablement l’idée développée par les sages que nous avons tout en nous et que lorsque nous faisons du mal à autrui, c’est aussi à nous que nous en faisons. Nous comprenons « de l’intérieur » la reliance existant entre tout et prenons conscience que tout élément de la création peut nous aider à évoluer et que nous-même les aidons. Imaginez-vous devenir un aigle, sentir ses ailes se déployer, sentir l’effet de l’apesanteur…. Vous prenez alors du recul sur les événements de votre vie, vous sentez moins concerné, moins fragile. Des solutions auxquelles vous n’auriez pas pensé vous apparaissent alors. Et tout cela en gardant conscience de votre état d’être humain.
Je vous invite ici, avant de continuer, à vous reporter à la section Carnet de lecture, et à méditer sur le conte qu’un ami, Régor, m’a généreusement autorisée à reproduire.
Lorsque nous effectuons une quête de vision (cf : « ma quête de vision dans la grotte de Halk ») ou une marche les yeux bandés (cf : Marches les yeux bandés) nous sommes confrontés à nous-même. L’intéressant n’est pas tant de vivre des expériences extraordinaires (même si celles-ci en nous ouvrant les yeux sur une autre réalité nous amènent à une connaissance plus profonde, moins superficielle, de l’univers) mais d’observer toutes nos réactions (peurs, joies, colères, inconfort) afin de prendre conscience de nos forces et de nos faiblesses, de ce qui fait obstacle à notre liberté et peut-être aussi à notre réussite. En affrontant nos peurs ou nos colères, en nous autorisant à les vivre dans un cadre protégé, nous nous en libérons et nous rapprochons de notre être véritable.
Le chamanisme nous amène aussi à développer notre cerveau droit que nous n’utilisons que trop peu dans nos civilisations actuelles. Il nous ouvre à un monde plus vaste, plus riche. En développant nos sens nous nous donnons la possibilité de mieux comprendre et profiter des siècles passés* et à aller à la rencontre véritable des lieux et des objets. En développant notre sensibilité, nous pouvons en quelque sorte « écouter » ces lieux comme nous écoutons nos alter égo. Ils peuvent alors nous révéler des connaissances insoupçonnées.
Le chamanisme, tel que je le conçois, nous pousse aussi à lâcher notre « égo » pour nous laisser porter par les énergies et nous ouvrir aux impulsions de nos âmes. Ainsi petit à petit, nos actions deviennent plus pertinentes, conformes à notre chemin de vie, et débouchent par là-même sur de meilleurs résultats.
On m’a demandé à plusieurs reprises si tout le monde avait accès au chamanisme. Sincèrement, je pense que oui. Cependant, tout le monde peut apprendre les mathématiques, mais tout le monde n’est pas Einstein. De la même manière, certaines personnes ont plus de facilités que d’autres pour contacter leur « médiumnité ».
Les plus grands freins aux perceptions sont l’intellect, les doutes, les peurs, la carapace que nous nous construisons pour nous protéger et tenter d’être fort. Mais si nous lâchons ces freins, nous pouvons tous accéder à nos capacités dites « paranormales ». Elles font partie de l’homme.
* au Moyen-Âge, par exemple, tous les hommes possédaient une grande ouverture à l’univers symbolique. Les églises étaient construites sur des plans précis et chaque bas-relief, chaque frise - toujours posés sur des points énergétiquement puissants et libérateurs - apportaient un enseignement au visiteur. Le temps nécessaire pour décrypter la symbolique correspondait au temps d’exposition utile au « nettoyage » du corps et de l’âme. (cf : Un week-end aux alentours du Puy en Velay) |